Affaire Muller

Cette affaire a mis en exergue les dangers du Minitel rose.

À la suite d’une terrible déception sentimentale, Carole, une jeune enseignante décide de se prostituer.

Diplômée de l’enseignement supérieur, professeur de gestion dans un établissement privé, Carole avait ainsi une double activité, à l’insu de ses parents, amis ou collègues.

Grâce à l’un des serveurs Minitel rose d’un journal, elle se prostituait la nuit et enseignait le jour.

Jusqu’au jour où elle a été victime d’homicide de la part d’un jeune homme, Benoit Muller, professeur de golf, retrouvé grâce à l’empreinte de son pouce laissée sur un verre de bière dans l’appartement de Carole.

Très malheureux, les parents de Carole ont demandé à Maitre Sylvie Noachovitch de les représenter devant la Cour d’assises de Paris, en 1994.

Le professeur de golf était représenté par Maître Lombard.

Il soutenait pour sa défense un acte qui aurait dérapé dans le cadre d’une scène sadomasochiste qui aurait été provoquée par Carole, tout comme celle-ci l’aurait fait chanter et menacé de tout révéler à sa petite amie. Il se serait agi d’un crime de panique d’un jeune homme fragile.

De son côté, Maitre Sylvie Noachovitch a soutenu que ces propos allaient totalement à l’encontre de sa personnalité décrite par les témoins qu’elle a fait citer. De plus, le rapport du médecin légiste démontrait que Benoit Muller avait menti dans son récit du meurtre.

Il a étranglé Carole pendant au moins 180 secondes, ce qui exclut l’acte irraisonné, la pulsion folle.

De plus, de nombreuses traces de violence apparaissaient sur le corps de Carole.

Les jurés ont été convaincus après deux jours de procès de la totale culpabilité de Benoit Muller et l’ont condamné à dix ans de réclusion criminelle ainsi qu’au paiement de dommages et intérêts au profit des parents de Carole.